A PROPOS DE WAM

Les nombreux cas de femmes et enfants abusés m’ont amenée à me demander :
« comment faire savoir au monde entier que "trop c’est trop" ? comment pourrait-on aider ? ».

Ces femmes et ces enfants souffrent en permanence. Voilà quatre cas qui m’ont vraiment touchée.

Madame A. est partie en Libye avec son mari, ils ont eu leur première fille là-bas puis sont allés s’installer au Ghana et ont commencé ensemble un projet. Son mari est ensuite parti en Europe et tout semblait aller bien. Il décida que la famille devait le rejoindre à Amsterdam et retourna au Ghana. Pendant qu’on leur faisait leurs papiers, Madame A. est tombée enceinte de leur deuxième fille. Son mari partit alors à la capitale, Accra, pour vérifier les visas de sa femme et de leur fille.

Madame A. n’entendit plus jamais parler de son mari et elle faillit mourir pendant l’accouchement. Elle fut victime d’une éclampsie et resta dans le coma pendant trois mois. Elle dû réapprendre à marcher et à parler. Après sa sortie de l’hôpital, la famille de son mari la « divorça » de façon traditionnelle. Elle n’entendit plus parler de son mari, ne reçut aucune aide de sa part, la famille de son ex-mari reprit leur projet commun et elle finit par vivre avec ses parents sans aucun moyen financier. La sœur de madame A. et son mari qui vivaient en Europe prirent soin d’elle et de ses 2 filles.

Des années plus tard, l’ambassade hollandaise du Ghana envoya des fonctionnaires chez madame A. pour vérifier qu’elle était bien à l’adresse donnée par son ex-mari aux fonctionnaires hollandais. (officiellement ils étaient toujours considérés comme mariés et résidant à Amsterdam puisque le mari avait demandé un visa pour la première des filles). C’est au cours de cette visite que madame A. découvrit que quelqu’un en Hollande utilisait ses papiers d’identité. L’ambassade promit qu’elle allait vérifier mais ce qui suit est une histoire bien différente.

La sœur de madame A. engagea pour elle un avocat à Amsterdam et elle alla personnellement au tribunal. Là-bas, l’ex mari de madame A. mentit, en disant qu’il n’avait jamais été marié avec elle et qu’il ne l’avait connue qu’en tant que prostituée. Il déclara qu’il n’était jamais allé en Libye et que madame A. n’était pas celle qu’elle prétendait être (en utilisant son propre nom). Madame A. s’effondra et dû être aidée pour retourner chez sa sœur. Elle perdit le procès et sa sœur et le mari de celle-ci durent payer les frais de tribunal et d’avocat.

Madame A. divorça officiellement de son mari. Plus tard, elle se maria à un allemand au Ghana. Son nouveau mari fit la demande de visa pour elle et ses enfants. L’ex beau-père de madame A. (un ancien fonctionnaire de police) soudoya les employés de l’ambassade d’Allemagne du Ghana en prétendant que madame A. était toujours mariée à son fils, ce qui était bien sûr un mensonge.

Pour résumer, madame B., qui utilisait les papiers de madame A. fut en fin de compte arrêtée par la police hollandaise à Almere, un quartier d’Amsterdam. Et ceci environ deux ans après la première comparution devant le tribunal.

Madame A. fut convoquée par le tribunal une seconde fois. Devant le tribunal, madame B. admit qu’elle avait acheté les papiers de madame A. à l’ex mari de celle-ci et sa nouvelle femme pour le prix de 30,000 gulden. Au final, on lui donna une faible peine et elle obtint même son permis de résidence pour la Hollande.

Le tribunal n’indemnisa jamais la victime, madame A. (dont le second mari l’avait quittée à cause des complications). L’ex mari ghanéen vit toujours à Amsterdam. La police ne l’arrêta jamais bien qu’ils aient toujours su où il habitait.

Le second cas concerne une femme qui nous contacta moi et mon mari pour écrire une lettre de vérification pour le tribunal d’un pays africain. Elle avait des biens que son ex mari lui avait confisqués après l’avoir quittée elle et le pays pour une autre femme. Nous n’avons pas pu l’aider étant donné que le tribunal exigeait des preuves et que tous les titres de propriété étaient enregistrées au nom du mari.

Quant au troisième cas, il s’agit d’une femme allemande dont le mari hollandais gardait un revolver sous le lit, menaçant de la tuer si jamais elle le quittait. Lorsqu’elle ne supportât plus ses mauvais traitements, elle prit tout son courage à deux mains et détruisit le revolver et courut pour sauver sa peau. Malheureusement elle perdit la garde de leur enfant.

Pour finir, nous savons que des hommes « importent » illégalement des femmes et des jeunes filles de diverses régions d’Afrique en leur promettant un meilleur avenir, une formation ou un travail, seulement dans le but de les pousser à la prostitution, ici en Europe.

J’ai beaucoup discuté de tout cela avec une de mes connaissances et lui ai dit que je ne pouvais plus supporter tout ceci, que quelque chose devait être fait. Et ce fut la naissance de WAM.

WOMEN-child AWARENESS MOVEMENT ( WAM ) INTERNATIONAL :: HOMEPAGE :: MOTTO - TROP C'EST TROP !!